L’EXPATRIATION TEMPORAIRE AVEC LE PVT

Au vu de l’enthousiasme reçu sur mon post Instagram concernant mon expatriation temporaire au Canada, je vais vous dévoiler comment je suis partie vivre et travailler légalement au pays des caribous pour une période de presque deux ans sans me lancer dans des procédures immigratoires dingues.

Pardonnez mes photos médiocres qui ne rendent pas forcément justice au pays. Ma carte SD qui avait toutes les belles photos de Montréal s’est cassée il y a 4 ans 😦 (en même temps cet article concerne le visa et non pas la découverte de la ville)

C’est en Mars 2011 que tout a commencé. J’étais alors à Madrid pour effectuer mon stage Erasmus quand j’ai rencontré mon cher et tendre qui se trouve être américain et s’apprêtait à rentrer chez lui, à l’époque au nord de l’état de New York qui touche le Canada.

Un soir en réfléchissant à ce que je voulais faire après cet Erasmus, je me suis mise à penser à l’Amérique du Nord et comment me rapprocher de mon amoureux mais avec une approche aventureuse dans l’esprit « si ça marche pas avec lui j’aurai au moins vu du pays » (sauf qu’il est devenu mon mari et père de ma fille depuis :D).

Puis au fur et à mesure d’y penser un peu tous les jours, l’évidence s’est imposée à moi. Montréal. C’était l’idéal, une ville complètement bilingue pour ne pas être plongée trop directement dans la culture anglophone vu qu’à l’époque mon anglais n’était pas parfait, une ville cosmopolite avec l’image des Québécois que j’ai pu rencontrer dans ma vie qui ont toujours été très gentils, et surtout, une ville proche de mon amoureux mais pas trop (3h de route). Et pour finir, le Canada autorise une période de 6 mois pour les touristes. Nickel.

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Ma décision a été prise ce soir là, mais comme tout voyage de longue durée, il faut faire des économies. Cela a été ma motivation pour travailler tout l’été dans l’enfer des cuisines de restaurant pour touristes.

J’ai réservé mon billet d’avion à l’arrache pour Montréal début Octobre 2011 (payé 190 euros hors saison sur airtransat.com) et ai trouvé une chambre à louer sur kijiji.ca

Gardez à l’esprit que je comptais rester en tant que touriste et puis « on verra plus tard ». C’est là que je suis tombée dans une colocation dont une des filles était une française comme moi mais elle, elle était mieux préparée que moi et m’a parlé du programme qui lui avait permis de venir vivre et travailler au Canada: le PVT. J’étais déjà amoureuse de Montréal et voulais y rester le plus longtemps possible, ni une ni deux je me suis renseignée.

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Qu’est-ce que le PVT ???

Il s’agit du Programme Vacances Travail. C’est un visa de deux ans en partenariat avec la France et la Belgique. Comme son nom l’indique, il permet de travailler pour se permettre de voyager à travers le Canada et découvrir sa culture tellement riche et variée.

Petit bonus, ce visa est disponible dans tous ces autres pays: Australie, Nouvelle-Zélande, Argentine, Chili, Mexique, Colombie, Brésil, Uruguay, Japon, Taïwan, Hong-Kong ainsi que la Russie. Renseignements ici

Oui, vous pouvez aller travailler dans tous ces pays-là légalement grâce à ce programme.

Les conditions:

Il faut être âgé de 18 à 35 ans, ne pas avoir de personne à charge (comme des enfants par ex) mais les animaux sont autorisés, être de nationalité française ou belge, avoir un passeport en cours de validité et payer le visa (150 euros à l’époque).

Ensuite, ces pays demandent que vous ayez un minimum d’argent sur votre compte en banque, juste pour être sûr de pouvoir tenir 3 mois le temps de trouver un job et ne pas finir sous les ponts. Pour le Canada, il faut avoir l’équivalent de 2500 dollars canadiens sur le compte (et croyez-moi qu’ils partent vite une fois sur place). Voilà pourquoi c’est bien de se préparer avant afin de mettre de l’argent de côté. Personnellement, je recommanderais d’avoir 4000 dollars.

Certains pays un peu trop populaires, comme le Canada ou l’Australie, ont un nombre limité de visa. L’année où je l’ai fait c’était 6500, cela a peut-être changé depuis. Les autres pays moins populaires n’ont pas de limite dans les visas PVT (ou WHV pour les pays anglophones).

6500 visas, c’est infime, vu que les demandes provenaient de 30 000 personnes. C’est donc une course. L’ouverture de ce visa se fait vers Novembre et il faut être d’attaque de suite. Il vaut mieux s’enregistrer pour recevoir un email lorsque cela ouvre et s’occuper de tous les papiers des mois à l’avance (on connaît tous la vitesse des administrations françaises pour fournir un document).

C’est ce que j’avais fait, et avais préalablement réuni tous les documents nécessaires (voir liste sur https://pvtistes.net). J’étais plus que prête et n’attendais plus que le feu vert. Le jour de l’ouverture des visas, sachant que le dossier devait arriver à l’ambassade française du Canada à Paris et que j’étais déjà à Montréal, je n’ai pas hésité une seule seconde à me ruiner en Fedex pour que l’enveloppe soit le lendemain matin à l’ambassade. Premier arrivé, premier servi. Deux mois plus tard, j’ai reçu mon visa et l’ai fait validé à la frontière.

Notez que je ne recommande pas ma façon de faire, il vaut mieux tout faire de France et partir une fois le visa en poche.

Bref, ça y est, après avoir passé les deux mois d’attente à visiter le Québec et l’état de New York, je pouvais enfin avoir un numéro de sécu, ouvrir un compte en banque canadien et travailler pour financer les prochains voyages ainsi que de m’immerger totalement dans la société québécoise.

Ce qui est super avec ce visa, c’est que les employeurs sont de suite au courant que vous ne cherchez pas une position stable. C’est donc parfaitement OK de travailler un peu et de partir découvrir un autre coin du Canada, c’est le but de ce visa après tout.

Je n’ai eu aucun souci à trouver du travail, la moitié des boutiques ou restaurants de Montréal affichaient des pancartes de recrutement en vitrine.Il est toujours bien d’avoir des CV sur soi pour ne pas louper d’opportunités. Vous pouvez également chercher du travail dans tout le pays sur kijiji.ca.

Ma patronne de la petite boulangerie française dans laquelle je travaillais me laissait partir et revenir à mon bon gré. J’ai personnellement gardé le même employeur mais vous pouvez en changer autant que vous voulez. Vous pouvez quitter le Québec pour aller vivre à Vancouver et travailler là-bas si ça vous chante. Ma soeur a fait le même visa est s’est retrouvée guide musher au Yukon.

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Au Canada comme aux USA, montrez aux employeurs que vous en voulez et que vous êtes prêt à apprendre et travailler dur, c’est souvent ce qui prime au lieu de votre CV seul.

Dès que vous travaillez, il est évidemment plus facile de trouver un logement. Les loyers à Montréal sont à ma grande surprise relativement pas chers. Par contre le prix de l’internet ou du téléphone sont 3 fois plus chers qu’en France…

J’ai adoré cette expérience, le pays, les gens, même le froid qui est très supportable une fois bien habillée. Les Montréalais organisent toujours des trucs fun même quand il fait -38 degrés. À ne pas louper: l’Igloofest, festival de musique électro dans le vieux port en plein hiver et dans des igloos ainsi que le Osheaga en été. Les terrasses et les parcs se remplissent dès le premier signe du printemps. Les cyclistes envahissent la ville dès le mois de Mai.

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Partez visiter le Québec dans son ensemble, c’est une région à couper le souffle qui reste ma préférée de tout le pays, les autres sont un peu trop américanisées et personnellement ne me dépaysaient pas. Mangez une poutine, allez faire des randos à raquettes, jasez avec les gens, allez voir les baleines à Tadoussac.

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ottawa

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ottawa

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ottawa

En bonus, on apprend à parler le québécois et il ne m’a fallu que 2 mois pour accueillir les clients avec des « allo » et introduire d’autres mots « francisés » depuis l’anglais.

Cette ville me manque énormément. Il y a une atmosphère vraiment spéciale, une ville entre trois cultures: française, américaine, et régionale. Le vieux port ressemble aux vieilles villes européennes, mais les autres quartiers me font penser aux banlieues de NYC ou de Chicago. Sauf qu’à Montréal, on se sent HYPER en sécurité. C’est une ville relativement grande, mais à échelle humaine. On ne se sent pas perdu et la vie s’organise surtout par quartiers.

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place Jacques Cartier, Montréal

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vieux port, Montréal

Si vous aimez une ville qui ressemble plus à la France, Québec est absolument magnifique.

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M’expatrier temporairement m’a permis de me familiariser en douceur avec l’Amérique du Nord et le système de visa m’a préparée à affronter le labyrinthe de l’immigration américaine. Cela a été une expérience ultra positive, tellement que c’est un des nos rêves avec mon mari de repartir s’installer à Montréal.

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première tempête de neige

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Ce n’est vraiment pas sorcier de s’expatrier avec le visa PVT (qui peut se transformer en visa de travail si votre employeur vous sponsorise à la fin des 2 ans) et tous les renseignements sont faciles d’accès avec Google.

Allez-y foncez, on ne vit qu’une fois, autant vivre l’expérience à fond (vous pouvez multiplier les PVT également) ! Ce sera un atout majeur sur votre CV si vous décidez de rentrer en France. J’ai des amis qui ont fait l’Australie et la Nouvelle-Zélande qui en sont revenus changés ! Personnellement j’aurais bien aimer faire l’Amérique latine mais cela n’existait pas avant…Alors faites-le pour moi SVP !

Bonne chance !

  • C

 

 

 

 

21 réflexions sur “L’EXPATRIATION TEMPORAIRE AVEC LE PVT

  1. M dit :

    Merci Constance pour cet article !! Ce fait un moment que l’idée de partir au Canada (au Québec notamment) me trotte dans la tête mais à chaque fois je me dis « c’est trop compliqué.. c’est trop cher, on verra plus tard » mais grâce à toi j’ai vraiment envie de me lancer pour de bon 😀 seul bémol : je suis étudiante avec après quelques années éprouvantes de droit, j’aimerai trouver un job là dedans histoire de ne pas avoir souffert tout ce temps pour rien haha ! Je ne sais pas si ils ont des équivalences mais en tout cas le système du PVT semble génial pour commencer ! Merci pour ce bel article qui fait pousser des ailes et bravo pour ta détermination 😉
    Bisous !

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    • Two_leblog dit :

      coucou ils ont sûrement des équivalences mais il faut se renseigner plus en profondeur, je ne les connais pas. Si tu es bilingue anglais/français tu ne devrais pas avoir de souci à trouver. Et si après tes deux ans le cabinet veut te garder ils peuvent te sponsoriser pour un visa de travail. Commencer avec le PVT te permet de toucher un peu au système d’immigration mais en 10 000 fois plus simple. Just do it ! 😀

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  2. May Elise K. dit :

    Bonjour !
    Merci beaucoup pour ce super article !

    J’ai juste une petite question :
    Je suis déjà partie en PVT en Australie. Avant de partir, j’avais lu qu’il était difficile voire inutile de postuler à des offres de travail avant d’être sur place. J’adorerais partir au Canada mais cette fois ci, j’aimerais être d’autant plus préparée si possible. Est-il pertinent d’essayer de postuler à distance ?

    Deuxième chose : y a t il des qualités particulièrement recherchées au Canada à part le côté très motivé, travailleur et volontaire ? Juste histoire d’avoir une petite idée.

    Merci encore d’avoir pris le temps de faire cet article, il tombe à pic !

    Bonne continuation & à bientôt par ici 🙂

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    • Two_leblog dit :

      le problème c’est qu’être approuvée pour ton visa ne veut pas forcément dire que la douane le validera. C’est eux qui ont le dernier mot. Donc c’est un peu chaud de s’engager auprès d’un employeur sans avoir la certitude de pouvoir travailler et vivre au Canada. Le mieux est quand même le surplace, surtout que depuis que je l’ai fait, le PVT canada a triplé en popularité et des français arrivent tous les jours donc les employeurs veulent voir qu’est-ce qui te démarque des autres. être bilingue anglais/français est souvent recherché. J’espère que ça t’aide ! J’aurais adoré faire l’Australie 😦

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      • May Elise K. dit :

        La vache… Le stress… Donc ça veut dire que je peux avoir un visa, arriver au Canada et qu’on me dise ‘non merci, on veut pas de vous’ ? :O

        Merci pour tes précieux conseils en tout cas ! 🙂

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    • Two_leblog dit :

      ça arrive rarement mais ça arrive. Un visa n’est pas un droit automatique d’entrée sur le territoire. Si le douanier a une mauvaise vibe, pense que tu vas rentrer pour immigrer définitivement il a le droit de refuser ton visa et même de t’interdire de territoire pendant 10 ans. Je ne connais qu’une personne à qui s’est arrivé mais bon il vaut mieux éviter. C’est pour ça que je ne recommande pas ma façon de faire parce que le douanier n’avait pas trop aimé que je sois rentrée en tant que touriste et sois re-rentrée (frontière US) pour faire valider mon visa de travail. J’ai gardé le sourire et ai fait celle qui a compris la leçon mais j’ai l’habitude des douanes donc ça ne m’a pas traumatisée 😀

      Aimé par 1 personne

  3. mena1 dit :

    tout est bien clair, un vrai guide, c’est vrai que lorsque l’on a pas d’attache et qu’on est jeune il faut foncer pour ce genre d’experience et surtout les demarches n’ont pas l’air trop difficile

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  4. Mylène dit :

    C’est tellement difficile d’obtenir le PVT Canada… j’ai moi même fais un stage au Canada, et mon rêve est déjà d’y retourner, avec un PVT puis après y vivre… Je pars en PVT en Australie en juin, tellement hâte! 🙂

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  5. Dorothée dit :

    Très bon article. Même si je n’ai pas l’intention de partir de France j’ai beaucoup apprécié tes photos de la ville. C’est impressionnant ce mélange architectural, il y a de quoi être dépaysé et se sentir chez soi à la fois. Merci pour ces photos.

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  6. Charlotte dit :

    Depuis l’année dernière l’obtention du PVT au Canada n’est plus premier arrivé, premier servi.
    C’est toujours une inscription à partir de Novembre, mais c’est en quelque sorte une loterie. Toutes les semaines (ou presque), ils piochent un certains nombres de personnes (et ce n’est jamais le même nombre chaque semaine) qui sont inscrites dans ce qu’ils appellent un bassin, et c’est comme ça jusqu’à ce qu’ils obtiennent leur quota.
    C’est déjà la deuxième année que j’essaye de l’obtenir, mais pas encore eu.. :/
    Merci de ton article, c’est sympa de voir les expériences de chacun 😉

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    • Two_leblog dit :

      coucou oui on me l’a signalé sur instagram, je ne suis pas sûre d’aimer ce système. avant, ta volonté et ton organisation était récompensées, tu t’étais bien débrouillée pour avoir un dossier complet le jour J. Maintenant ce n’est que du hasard, tu peux attendre plusieurs années j’imagine.

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  7. Isa dit :

    Merci Constance pour le petit lien vers pvtistes.net. Je ne savais pas que tu étais une PVTiste, ça m’a fait plaisir que tu y fasses référence 🙂

    Signé Isa (admin du site et fellow Montréal lover) 🙂

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